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L’agrivoltaïsme : avenir et enjeux

Tout savoir sur l’agrivoltaïsme 

L’agrivoltaïsme est une pratique qui permet de combiner de manière vertueuse l’agriculture et la production d’électricité photovoltaïque. Encore balbutiante en France, elle apparaît comme prometteuse. En effet, elle pourrait contribuer à la transition énergétique. L’Hexagone s’est fixé pour objectif d’atteindre 40 % d’énergie renouvelable dans son mix énergétique à horizon 2030. Si elle apparaît comme intéressante à l’échelle nationale, la pratique est également assortie d’avantages pour les exploitants agricoles. Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ? Quels sont les avantages et limites de cette activité ? Quelles sont les perspectives de développement en France et dans le monde ? EDF ENR vous propose un panorama sur le sujet.  

Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ? 

Le mot agrivoltaïsme est un mot valise qui combine « agriculture » et « photovoltaïque ». Plus précisément, dans sa proposition de loi, le Sénat définit l’agrivoltaïsme comme englobant « toute installation qui apporte directement à la parcelle au moins deux des services suivants sans porter atteinte aux autres et en assurant un revenu durable et probable issu de cette production : l’amélioration du potentiel agronomique de la parcelle, de l’écosystème agricole, du bilan carbone ou du verdissement ou le retour de l’avifaune, en cas de maintien ou de changement de la pratique agricole ou de la nature de culture ; l’adaptation au changement climatique ; la protection contre les aléas ; l’amélioration du bien-être animal ». Votée par l’Assemblée Nationale, l’Art. L. 314-36 de ce projet de loi propose une définition plus concise. Selon les députés « Une installation agrivoltaïque est une installation de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil et dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole.»

La pratique de l’agrivoltaïsme pour être autorisée doit répondre à deux grands principes : 

  • La réversibilité :  installations solaires doivent pouvoir être démontées ;  
  • La complémentarité : l’activité agricole doit rester l’activité majoritaire. 

Concrètement, il s’agit de coupler des solutions photovoltaïques avec une activité agricole sans s’y substituer. Les panneaux photovoltaïques n’ont pas vocation à remplacer les cultures ou les pratiques d’élevage mais bien d’agir comme un complément de revenu pour l’agriculteur.

Pour ce faire plusieurs solutions peuvent être mise en place :  

  • La mise en place d’ombrières solaires ou de trackers solaires dans la pratique de l’élevage pour donner de l’ombre aux animaux ;  
  • L’installation de panneaux solaires suspendus pour protéger les cultures des aléas climatiques. Ces modules peuvent pivoter afin de permettre aux végétaux cultivés de recevoir la juste lumière dont ils ont besoin.  

Ces deux dispositifs sont complémentaires. En installant un système agrivoltaïque, un exploitant agricole peut gagner 100 euros à 5 000 euros supplémentaires par hectare. 

Panneaux solaires et terrains agricoles : les craintes 

Si l’agrivoltaïsme cherche à se développer, il reste encore quelques craintes. Notamment, certains acteurs restent sceptiques sur la capacité à faire cohabiter agriculture et panneaux solaires. D’autres craignent que les modules photovoltaïques ne viennent dénaturer les terres.  

Une occupation des terres arables 

La première crainte liée au développement du photovoltaïque en agriculture est belle est bien celle de l’occupation des sols. En effet, la vocation première de l’agriculture est de produire des denrées pour nourrir la population et assurer la souveraineté alimentaire d’un pays.  

Comme le rappelle Olivier Dauger, chargé des questions énergétiques au conseil d’administration de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), « L’électricité ne peut pas être prioritaire, il est crucial de garantir la préservation de la production agricole sur le long terme ».  

C’est aussi ce que craint le syndicat Jeunes agriculteurs. Pour le syndicat, « La stricte priorité doit demeurer l’installation d’agriculteurs et non de panneaux solaires. Le risque porte en effet sur un phénomène de spéculation et de détournement de la vocation nourricière des fermes. ». Selon lui, il convient de prioriser les installations en toiture ou sur les terrains déjà artificialisés (friches, parking, etc.). 

Les conséquences sur la biodiversité et sur les paysages  

En outre, le développement de parcs photovoltaïques sur les terres agricoles pose la question des conséquences que peuvent avoir l’installation de modules solaires sur la biodiversité ou sur la qualité des paysages.  

Ces critiques sont prises très au sérieux par l’Ademe. Dans son document de référence sur le développement de l’agrivoltaïsme, l’Agence de la Transition écologique a dressé une liste de 7 critères qui viennent entériner la viabilité de projets agrivoltaïques  

  • Vocation et pérennité du projet agricole ; 
  • Réversibilité du système ; 
  • Adéquation territoriale ; 
  • Impact sur les sols ; 
  • Impact environnementaux et paysagers ; 
  • Adaptabilité du système ; 
  • Flexibilité technique.  

Comme le rappelle Céline Mehl, en charge du développement du photovoltaïque à l’Ademe, « ces critères permettent d’identifier les risques mais aussi les opportunités de chaque projet. Ils servent de grille d’analyse complémentaire et de questionnements, un peu comme des garde-fous pour écarter certains projets dont les enjeux n’auraient pas été étudiés de façon écosystémique ».

Bon à savoir : EDF ENR engagé aux côtés de la FNSEA

Afin de proposer un développement du photovoltaïque adapté aux enjeux du monde agricole et respectueux des écosystèmes, EDF ENR travaille de concert avec les chambres d’agriculture et de la FNSEA. Ensemble, nous avons élaboré une charte de bonnes pratiques permettant de garantir que le passage à l’énergie solaire se traduise par des externalités positives pour l’exploitant agricole et les territoires.

 

Quel avenir pour l’agrivoltaïsme ? 

Bien que pour le moment à ses prémices, l’agrivoltaïsme devrait se développer dans les années à venir. En effet, nombreux sont les agriculteurs qui en voient les bénéfices pour leurs exploitations. Les panneaux solaires suspendus créent de l’ombre et réduisent l’évapotranspiration. Par ce biais, on peut diminuer le stress hydrique des terres et permettre aux agriculteurs de faire des économies d’eau allant de 30 % à 40 % dans les cultures maraîchères.

Le déploiement de l’agrivoltaïsme est très liée aux décisions des pouvoirs publics. La proposition de loi en faveur du développement raisonné de l’agrivoltaïsme a fait l’objet de discussions parlementaires. Adoptée par le Sénat, elle a été renvoyée à la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Elle a fait l’objet d’un vote final le 10 janvier 2023. Qu’en retenir ? 

En premier lieu, le texte fait la distinction entre  : 

  • le « photovoltaïque au sol » qui permet l’installation de panneaux solaires sur les terres incultes ou non exploitées depuis au moins dix ans ;
  • l’« agrivoltaïsme », la pose de panneaux solaires en complément d’une production agricole qui demeure l’activité principale. 

En outre, alors que le Sénat souhaitait lever les freins au développement de l’agrivoltaïsme, les députés semblent plus frileux. Ils souhaitent prioriser le développement du photovoltaïque en toiture. De ce fait, l’installation de panneaux solaires sur des terres agricoles ne pourra être envisagée que si l’agriculteur a déjà équipé au moins 40 % des toitures de l’exploitation. Les exploitants sont donc davantage encouragés à mettre en place des hangars solaires photovoltaïques pour produire leur propre électricité. 

Enfin, dans une logique de préservation des terres et des forêts, le texte rend quasiment impossible la mise en place d’une centrale solaire en zone forestière impliquant un défrichement. 

Le texte n’est pas encore définitif. L’épopée législative continue ! Le 24 janvier 2023 une commission mixte paritaire mettra autour de la table les députés et sénateurs dans l’optique d’établir un texte de compromis. Reste à savoir quel cadre légal, ils donneront à l’agrivoltaïsme.

L’agrivoltaïsme en France et dans le monde 

En France, si la loi appuie le développement de l’agrivoltaïsme, cette pratique pourrait décoller dans les années à venir. A l’heure actuelle, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit un objectif 44 GW installés d’ici 2028 en matière de photovoltaïque, contre environ 15,2 GW aujourd’hui. L’agrivoltaïsme permet d’atteindre, en partie, aux objectifs fixés par la PPE. Bien menée, elle permet également de réduire le stress hydrique des cultures et de répondre ainsi aux enjeux actuels de l’agriculture.  

Du fait des avantages qu’elle présente, la pratique de l’agrivoltaïsme ne concerne pas uniquement le territoire français. Elle se développe également aux quatre coins de la planète. En effet, elle présente un potentiel important selon les scientifiques de la revue Nature. Pour eux, si seulement 1 % de la surface utilisée pour l’agriculture était combinée à la production photovoltaïque, la totalité de la demande mondiale en électricité serait couverte. 

De ce fait, elle connaît un formidable essor en Europe et aux Etats-Unis. L’Espagne, par exemple, fait partie des pays où le photovoltaïque est le plus développé en Europe. Selon l’énergéticien Respol « l’Espagne offre un environnement idéal pour la mise en œuvre de l’énergie agrovoltaïque grâce à sa grande superficie de terres agricoles et à son climat, avec environ 2 500 heures d’ensoleillement par an. »  

Aux Etats-Unis, par exemple, la pratique connaît un formidable essor. Les données de l’ambassade de France aux Etats-Unis, indiquent que si 1 % des surfaces agricoles locales sont dédiées à l’agrivoltaïsme, ces parcs solaires pourraient couvrir 20 % de la production d’électricité du pays. Cela s’assortirait de création d’emplois en faveur de la transition énergétique. « Un projet de cette ampleur créerait plus de 110 000 emplois pérennes dont 40 % afin d’assurer le fonctionnement et les opérations de maintenance. De plus, ce projet permettrait également d’éviter le rejet de 330 470 tonnes d’équivalent CO2 chaque année » précise Benjamin DOREILH, attaché adjoint pour la Science et la Technologie, Consulat de France à Chicago. 

Les solutions EDF ENR

Centrale solaire au sol ou sur le toit, ombrières … EDF ENR accompagne tous les professionnels dans leur projet photovoltaïque avec une gamme de solutions, adaptées à leur activité.
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