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Augmentation du prix de l’électricité : les causes

Pourquoi le prix de l’électricité augmente-t-il ?

Le 13 juillet 2022, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a proposé une hausse de 3,89 % TTC du tarif réglementé de l’électricité. Cette hausse ne s’appliquera pas en vertu du bouclier tarifaire. Ce mécanisme a gelé les tarifs réglementés de l’électricité suite à une hausse de 4 % en février 2022. Comment expliquer cette augmentation des prix de l’électricité en 2022 ? Plus globalement, quelle a été l’évolution des prix de l’énergie depuis 10 ans ? Dans un contexte de hausse, comment protéger son pouvoir d’achat ?

Augmentation de l’électricité en 2022 : comment est calculé le prix ?

Pour bien comprendre pourquoi le prix de l’électricité augmente, il convient de regarder comment il se structure. En France, sur le segment des particuliers, on distingue :

  • Les tarifs réglementés de l’électricité, dont le montant est fixé par les ministres en charge de l’économie et de l’énergie et révisable périodiquement après avis de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) ;
  • Les offres de marché dont les tarifs sont fixés librement par les fournisseurs d’énergie

Les tarifs réglementés de l’électricité

Les tarifs réglementés de l’électricité sont proposés par la CRE. Ensuite, ils doivent faire l’objet d’une approbation par le Ministère de l’Économie et le Ministère de la Transition écologique.

Ces tarifs sont pratiqués par les fournisseurs historiques d’électricité en France, à savoir :

  • EDF sur 95 % du territoire. On parle alors de Tarif Bleu d’EDF (anciennement « EDF Bleu ciel ») ;
  • Les entreprises locales de distribution (ELD) sur les 5 % restants. Il s’agit de petits opérateurs locaux qui œuvrent sur un territoire donné.

Pour fixer les tarifs réglementés, la CRE suit une méthodologie « d’empilement des coûts » établis dans l’article L337-6 du Code de l’Énergie.

Concrètement, le tarif réglementé de vente (TRV) est fonction de :

  • Du montant de l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique). Ce dispositif impose à EDF de vendre jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire aux fournisseurs alternatifs à un prix fixé par l’Etat. À l’heure actuelle, ce prix est porté à 42 € / MWh ;
  • Du prix du MWh d’électricité sur les marchés de gros. En effet, l’ARENH ne pouvant couvrir 100 % des besoins des ménages, il faut également prendre en compte le complément d’approvisionnement sur les marchés européens. Sur ce marché, le prix dépend en grande partie de la source de production de l’électricité (gaz, charbon, fioul, énergies renouvelables, etc.) ;
  • Les coûts d’acheminement de l’électricité, le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité). Il s’agit de la rémunération d’Enedis qui distribue l’électricité sur les lignes basse et moyenne tension jusqu’aux domiciles des ménages ;
  • Les coûts de rémunération et la marge du fournisseur historique.

Ce prix est révisé deux fois par an. Une fois au mois de février et une fois en août au moment de la révision du TURPE. Aujourd’hui, le tarif réglementé reste encore le plus souscrit en France. Au 31 décembre 2021, selon les données de la CRE, encore 64,5 % des particuliers sont clients du TRV.

Les offres de marché

Suite à la libéralisation du marché de l’électricité à la concurrence en 2007, sont apparues des offres de marché d’électricité. Elles sont pratiquées par les fournisseurs alternatifs, les nouveaux entrants sur le marché. Les fournisseurs historiques, comme EDF, en proposent également.

Il existe trois grandes typologies d’offres :

  • Les offres à prix fixes. Le prix du kWh reste stable pendant 1 à 4 ans ;
  • Les offres à tarifs indexés sur les TRV. Elles suivent les cours des tarifs réglementés à la hausse ou à la baisse ;
  • Les offres indexées sur les marchés de gros. Le prix du kWh fluctue selon les cours sur les marchés européens.

Au 31 décembre 2021, 35,5 % des Français ont choisi une offre de marché.

Pourquoi le prix de l’électricité augmente ?

Le prix de l’électricité n’a cessé d’augmenter depuis 10 ans comme le montre la courbe proposée par Eurostat, le service de statistiques de l’Union européenne.

Une hausse constante depuis 10 ans

Le prix de l’électricité est en constante évolution. Pour bien appréhender la hausse, il convient de faire un rapide point sur la décomposition de la facture. Le montant de la facture se structure en trois axes selon la CRE :

  • 38 % lié à la fourniture d’électricité (le prix de l’électron) ;
  • 36% lié aux taxes sur l’énergie;
  • 26% lié à l’acheminement, les coûts de livraison de l’énergie.

Les coûts de fourniture

En France, les prix de fourniture dépendent en grande partie du prix de l’ARENH, qui est resté stable depuis 2012. Ils dépendent également des prix sur les marchés de gros dont les prix ont été très variables comme le montre le graphique du Ministère de la Transition écologique.

Le poids des taxes

Au-delà de la volatilité des prix sur les marchés, les évolutions de la fiscalité ont également contribué à la hausse de la facture des ménages. Entre 2003 et 2016, la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) est passée de 3 € à 22,5 € par MWh. Exceptionnellement, comme nous le verrons plus tard dans l’article, elle a été baissée en 2022.

Les hausses des tarifs d’acheminement

Les tarifs d’acheminement ont également eu tendance à augmenter ces dernières années. En effet, le tarif d’acheminement suit notamment les cours de l’inflation qui a été croissante comme le montre le tableau ci-dessous.

L’augmentation de l’électricité en 2022

Avec la pandémie de Covid-19, l’économie mondiale a ralenti. De nombreuses usines et entreprises à l’arrêt ont réduit drastiquement leurs consommations de gaz et de produits pétroliers en 2020 et 2021.

Avec la relance économique mi-2021, les entreprises ont recommencé à avoir besoin de gaz. La demande a été plus soutenue, notamment du fait de la reprise de l’activité en Chine. À cela s’est ajoutée l’arrivée de l’hiver 2021 et la hausse des consommations liées au chauffage. Les prix du gaz ont fait un bond sur les marchés.

En parallèle, des opérations de maintenance en mer du Nord ont diminué les possibilités d’exportation de la part de la Norvège, l’un des principaux fournisseurs de l’Union européenne. La Russie, de son côté, a été accusée de limiter volontairement les exportations de gaz pour faire grimper les prix.

Or, le gaz constitue 20 % du mix énergétique européen. Si la matière première augmente, les coûts de production dans les centrales thermiques à flammes partent à la hausse.  Cela fait monter le prix de l’électricité pour les particuliers et pour les professionnels.

Les cours du gaz ayant subi une augmentation sans précédent, le prix du MWh d’électricité sur les marchés de gros s’est envolé. Sans l’intervention du gouvernement via la mise en place du bouclier tarifaire la hausse du tarif réglementé de l’électricité aurait dû être de :

  • + 44,5 % HT pour les ménages ;
  • + 44,7 % HT pour les petits

Elle a été contenue à 4 %.

Qu’est-ce que le bouclier tarifaire ?

Pour aider les ménages à faire face à la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire. Celui-ci a permis d’endiguer la hausse des tarifs réglementés de l’électricité à 4 % maximum. Pour cela, les autorités publiques ont activé deux leviers :

  • Une baisse de la fiscalité sur l’énergie ;
  • Une relève du plafond de l’ARENH.

Voyons cela plus en détail.

Une baisse de la CSPE

La CSPE est la principale taxe sur l’électricité en France. Elle permet notamment de financer le développement des énergies renouvelables et le chèque énergie. Portée à 22,5 € depuis 2016, elle a été abaissée à 1 €/MWh pour les ménages et petits professionnels et à 0,5 € / MWh pour les entreprises avec un compteur d’une puissance supérieure à 36 kVA. Cette baisse de la CSPE intervient entre le 1er février 2022 et le 1er février 2023.

Hausse du volume d’ARENH

L’ARENH permet de stabiliser les prix de l’électricité. Les fournisseurs alternatifs peuvent bénéficier d’un prix de 42 € / MWh souvent bien inférieur à celui des marchés de gros, dans la limite de 100 TWh au total. Lorsque les demandes d’ARENH sont inférieures à 100 TWh, chaque fournisseur reçoit 100 % de sa demande. À l’inverse, lorsque l’on fait face à un besoin supérieur à 100 TWh, les fournisseurs ne reçoivent qu’un pourcentage minoré de leur demande. C’est notamment ce qui s’est passé en 2022. Chaque fournisseur a reçu 62,37 % de ses droits à l’ARENH.

Pour compléter, les opérateurs doivent aller se fournir sur les marchés de gros de l’électricité. Or, en 2022, les prix ont été particulièrement élevés. Selon RTE, le 3 janvier 2022, le prix du MWh à midi était porté à 96,39 € contre 52,04 le 3 janvier 2021 à midi.

L’écrêtement de l’ARENH influe sur le prix du kWh. Le tarif réglementé inclut la part achetée sur les marchés à un prix fort.

Pour minimiser les achats sur les marchés de gros européens, le gouvernement a ajouté 20 TWh d’ARENH supplémentaires pour l’année 2022 à un prix de 46,5 € / MWh.

Gel des prix jusqu’en février 2023

La hausse du plafond de l’ARENH et la baisse de la CSPE ont permis de limiter l’augmentation à 4 % en février 2022. Ensuite, le gouvernement a décidé de geler les tarifs réglementés de l’électricité pendant 1 an. Ils n’évolueront pas jusqu’en février 2023.

Quel sera le prix de l’électricité en 2023 ?

Difficile de prévoir le prix de l’électricité pour 2023. En effet, de nombreux facteurs influent sur la fixation des tarifs. Il est donc compliqué d’anticiper.

Toutefois, en mai 2022, la CRE a annoncé un rattrapage de 8 % sur les tarifs réglementés de l’électricité en 2023.

A cela s’ajoute une révision de l’ARENH décidée par les députés au moment de l’examen du projet de loi d’urgence pour le pouvoir d’achat. Le 21 juillet 2022, l’Assemblée Nationale a adopté un amendement visant à relever le montant de l’ARENH à « au moins 49,5 € / MWh » dès 2023. L’ARENH entrant dans le calcul du tarif réglementé, il est fort probable que le TRV augmente.

Comment limiter l’impact sur votre facture d’électricité quand son prix augmente ?

Les prix de l’électricité font face à une tendance haussière. Pour limiter les conséquences des évolutions des tarifs sur la facture, les ménages peuvent élaborer des stratégies.

1. Mettre en place des écogestes

Les kWh les moins chers sont ceux que l’on ne consomme pas. Afin de réduire la facture d’électricité, il faut optimiser sa consommation d’énergie. Cela passe par la mise en place d’écogestes au quotidien comme :

  • L’extinction des appareils en veille. Selon l’ADEME, ce simple geste permet baisser jusqu’à 7 % ses dépenses énergétiques ;
  • La baisse du chauffage. En réduisant d’un degré le chauffage au radiateur, on peut faire jusqu’à 7 % de dépenses énergétiques en moins ;
  • La programmation de la climatisation à 26°C. D’après l’ADEME, cela permet de diviser par deux l’impact du climatiseur sur la facture ;
  • La programmation de voiture électrique et du chauffe-eau en heures creuses, quand le prix du kWh est plus intéressant.

En fonction des caractéristiques de votre logement et de vos habitudes, d’autres bonnes pratiques peuvent s’appliquer.

2. Réaliser des travaux de rénovation énergétique

Selon la Fondation Abbé Pierre, spécialiste du mal-logement, un logement rénové peut engager jusqu’à 60 % d’économies d’énergie par an pour un ménage. Dans une optique de réduction de la facture d’énergie, il convient d’effectuer des travaux d’isolation.

Au-delà des travaux d’isolation, vous pouvez aussi choisir de remplacer votre ancien système de chauffage par une pompe à chaleur, économe en énergie. De la même manière, vous pouvez changer votre ancien cumulus électrique pour un chauffe-eau thermodynamique. Ce ballon performant permet de diminuer jusqu’à 80 % votre facture d’eau chaude.

Bon à savoir : Pour vous aider à financer les travaux, vous pouvez vous tourner vers des programmes d’aides comme la Prime énergie EDF ou MaPrimeRénov’.

3. Choisir l’autoconsommation solaire

Enfin, en installant des panneaux solaires en autoconsommation sur son toit, on peut produire de l’électricité chez soi. C’est un moyen de faire baisser sa facture d’énergie. En effet, de la même manière que l’on peut consommer les légumes de son potager, on peut consommer sa production solaire. Ce faisant, on soutire moins d’électricité au réseau. En outre, l’électricité photovoltaïque non consommée peut être vendue en obligation d’achat (OA Solaire) et permet aux ménages de générer un revenu passif.

Grâce à l’autoconsommation, un foyer peut réaliser jusqu’à 70 % d’économies d’énergie grâce aux panneaux photovoltaïques. De plus en plus populaire, cette pratique a séduit plus de 100 000 consommateurs français selon les données d’Enedis.

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QUESTIONS FRÉQUENTES

Prix réglementé, prix fixe quelle différence ?

Le tarif réglementé est fixé par la CRE et pratiqué par EDF et les ELD. Les offres à prix fixes, quant à elles, sont des offres de marché. Les fournisseurs qui le commercialisent sont libres d’en fixer le prix.

Pourquoi le prix du kWh d’électricité en dépend aussi des énergies fossiles ?

Une partie de la production d’électricité de l’Union européenne est assurée par des énergies fossiles. Si le cours des hydrocarbures augmente, cela se répercute sur le prix du kWh. Mécaniquement, cela fait grimper la facture des ménages.

Quel est le prix du kWh d’électricité en France ? 

Cela dépend de l’offre choisie et du fournisseur choisi. Depuis le 1er février 2022, au tarif réglementé d’EDF, le prix du kWh en option base est de 0,1740 €. Pour les ménages ayant fait le choix de l’option heures pleines heures creuses, le prix du kWh en heures creuses et de 0,1470 €  et de 0,1841 € en heures pleines.

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